retour au blog citoyen cliquez ici

.

acrostiche

un acrostiche est une pièce de vers composée de telle sorte qu'en lisant la première lettre de chaque vers, on trouve en vertical le sens du mot, du nom ou de la phrase prise pour thème...

dimanche 6 décembre 2009

La psychanalyse à l'épreuve de la poésie

acrostiche

Derrière ce grand mot, un jardin intime
Elagué avec soin tout au bord de l’abîme
Reflet formel d’une quête en apesanteur
Ne laissant aucune chance aux braves amateurs
Il faut jouer sa peau à chercher la sortie
En osant affronter ce que rien n’amortit
Repère effroyable au royaume de l’esprit
En voulant Penser, il faut en payer le prix

Fou ! Je l’ai été en m’attaquant à la chose
Oser et vaincre! C’est tout de même quelque chose
Il me manquait des témoins pour qu’ensemble on pose
Sans jamais me trahir, tous les mots se proposent

Je les prie d’hésiter car ils peuvent y rester
Enfin, ceux-ci avancent pour être testés

Tous les autres les envient d’être alignés
Ensemble pour servir mon cœur ils ont signé

Debout, avant moi, ils me lancent « allons-y »
Et voilà que nous partons la fleur au fusil
Mais, chemin faisant, ils s’arrêtent pour me dire
Ai-je vraiment l’intention de ne plus la séduire
N’ayant plus les autres mots, je ne puis mentir
Devant mon silence, je les laisse déduire
Et nous reprenons le chemin à parcourir

Devant-nous l’inconnue et les terres du pire
En laissant tout derrière, on arrive à sortir

Sous ses mots terribles, on ne peut plus acides
On essaye une parade en restant placides
Rien qu’en longeant ses mots se dressant face à nous
Toute la rangée des miens se tasse et se noue
Il faut rester en boule et laisser tout passer
Rien n’y fait, c’est trop et on en a plus qu’assez

De nouveau, on reprend la marche sous ses ires
Et on la laisse, sur la marge, à discourir

Maintenant le cap vers l’empire des concepts
A côté, sa fureur nous suit et on l’accepte

Vivement que se lève le temps des pensées
Il en faut pour aider tous ces mots cadencés
Embarqués en galère sans mieux avancer

Enfin, je me souviens sur ces flots insensés
Tout d’un coup, mon coeur gonfle et nous voilà lancés

De partout surgissent par vagues successives
Et l’esprit inondé et son corps sur la rive

Comme un vieux matelot qui regarde la mer
Enfermé comme un rêve déporté sur terre
Le regard tourné vers les tempêtes d’antan
Le coeur en apnée comme une ancre s’emportant
En regardant la mer, il est toujours partant

Devant-moi, aussi, mille fantômes m’assaillent
En vain, je résiste mais ils trouvent la faille
Sous une idée fixe, ils la lèvent, je trésaille

Gentiment, je demande juste un peu de temps
Empoignant ma pudeur, elle expire en sortant
Ne consentant à rien qu’à me voir m’expliquer
Sur le champ, ils m’y mettent sans rien répliquer

Qui en a quelque chose à foutre de l'histoire
Un croyant se prenant Lacan en pleine poire
Invaincu pourtant par le grigou péremptoire

Maintenant revenu de la chute obligatoire

Ecrit sa renaissance après tous ses déboires
Nous laisserons à Lacan un petit pourboire
Toute réflexion faite, à chacun sa vision
On peut tous dans l’esprit faire des incisions
Uniquement pour ensuite, avec précision
Refaire des nœuds comme un simple virtuose
Et servir le tout en compliquant bien la chose
Néanmoins, sans la Foi, on reste terre-à-terre
Toute la Vérité est là où il s’enterre

.

Si ce qu’il raconte était à la bonne place
Il n’aurait pas écrit avec si peu de grâce

Toute la psychanalyse est ainsi refaite
Une clique de chirurgiens l’ont contrefaite

Au bout de cent ans, voilà donc notre mariée
Sur ses traits tirés, rien ne paraît avarié

Une idole pour païens où tout est truqué
N’y a-t-il pas même un prix pour la reluquer
Elle ne peut rien pour les gens bien éduqués

Pour la saisir, il faut pouvoir se la payer
On doit cash se déshabiller pour l’essayer
Il y a, surtout, une personne inconnue
Ne ratant rien de la chose qu’on met à nu
Timide, elle attend là qu’on lui tende les sous
Et vous écoute, dans le dos, claquer vos sous

De plus près, regardons bien de quoi il s’agit
Essayons de percer cette vieille magie

Rappelons Freud, ancêtre et père de la chose
En son temps, il créa cette nouvelle glose
Sous sa plume, un mot, connu dans toutes les langues
Privé des sens anciens, fut laissé pour exsangue
En le rebaptisant, il devint scientifique
Ce mot dont Freud fit son « ça » énigmatique
Tout droit ça remonte au vieux « diable » maléfique

Pour le reste, faire du neuf avec du vieux
On bricole en se prenant hélas au sérieux
Un tour de passe-passe devant des curieux
Réinvente une religion sans croire en Dieu

Mais pour saisir ce tour, regardons sa matière
On a là un corps destiné au cimetière
Il s’articule à l’âme comme une litière

,

Marion, voilà le lit où l’énigme repose
En unissant deux univers que tout oppose
Reflétant l’un dans l’autre, tout ainsi se fonde
Comme l’entonnoir de deux si différents mondes
Il fit jaillir entre eux la conscience des mondes

Deux univers par la conscience sont unis
Et l’un sans l’autre, tout système est démuni

Toute vérité a sa part de grand mystère
En ça se déchirent nos sacrés magistères

Faisant fi de l’évident axiome suprême
On sent que leur bonne foi subit ce carême
Comme si on cartographiait la complexité
Avec des statistiques fort bien excitées
Le résultat serait, vu du q, défendable
Il n’en serait pas moins, nez à nez, regrettable
Seule une théorie qui intègre le doute
Est l’assurance béton que sa clé de voûte
Répondra aux pressions que le bon sens redoute

Sans s’étaler sous cette structure imprudente
Une simple visite en remontant sa pente
Ressort les failles que sans voir ils démentent

Quelques prises de vue de tous leurs fondements
Un précis petit détour tout en arguments
En passant par l’éloge du Seigneur des mondes
Laveront notre Foi de leurs affronts immondes
Quelques souvenirs ensuite pour mieux comprendre
Un parcours éprouvant où j’ai fini en cendres

Un fil de pathos sur ce séjour en enfer
Nouera tous les bouts comme on croise le fer

Dieu en fut témoin, au diable j’ai eu affaire

Appelons-le « inconscient » si on veut le taire
Un mot ou un autre ne rend rien moins austère
Toutefois, nous finirons en beauté ce poème
Retrouvant à la fin cette femme qu’on aime
En échouant à ses pieds tous les mots du thème

.

Nous y sommes. Qu’est-ce que c’est la psychanalyse
On ne peut l’ignorer, elle s’est partout assise
Un tel siège de l’esprit, mérite une analyse
Ses thèses refusent à la Foi d’être admise

Nous verrons pourquoi ses thèses sont dangereuses
On ne visite rien sans croiser sa vareuse
Une science qui laisse les croyants sans arme
Si habile qu’en l’attaquant, on se désarme

Reprenons en civil son mode opératoire
Elle pique à la psychiatrie son savoir
Vous met ensuite face à un brillant miroir
En l’écoutant vous vous mirez sans le savoir
Résistant d’abord, vous refusez de vous voir
Royalement servis, vous acceptez à boire
On se détend alors face à ce moelleux miroir
Ne voilà-t-il pas, qu’en nous remonte le noir
Soudain, sous la pression, on crache nos déboires

Parfaitement surpris par l’effet confidence
En sortant de là, on sent une délivrance
Un appât pour sans-ami : cette confession
Tout le piège vient après cette concession

Ensuite on y revient pour parler à loisir
Trouvant qu’être écouté est un royal plaisir
Rien en cette oreille ne peut jamais nous nuire
En plus, tout est permis, on peut surtout tout dire

Maléfique stratégie de secte imparable
Au fur et à mesure, qu’on joue à ce scrabble
Impassible, dans votre dos, ce psy des mots
Sent l’endoctrinement raisonner dans vos maux

Beaucoup plus intimes, vous l’êtes maintenant
En parlant, sans le voir, tout glisse à l’avenant
A force de parler seul, l’autre restant coi
Urinant les mots : vous dîtes n’importe quoi
Comparant le jet à la chose génitale
On y découvre le sens d’un trauma foetal
Un complexe banal pas encore réglé
Pour se faire, on verra, pour l’heure, il faut régler

Depuis, plus vous payez, plus ça devient complexe

Effort payant, voilà une question sans sexe
Au prix de parler, combien ça coûte penser
Un prix tel que vous devez vous en dispenser

Devez-vous payer en n'ayant plus rien à dire
Ou n’ayant rien à penser, ne plus revenir
Il vous vient que c’est trop payé que d’en finir
Tant que vous y pensez, vous courez le lui dire

Pendant ce temps-là, vous n’êtes plus vous-même
Avant vous étiez comme chacun est soi-même
Sans l’air ailleurs, sans le regard convertissant
Sans ce sourire surtout, l’air compatissant
Enfin, vous étiez bien vivant tout simplement
Réduit à ça, qu’importe l’autre! Evidemment

Dommage pour lui, un de plus précisément

Ils l’ont converti en désarmant sa conscience
Comme une pleine lune sait ses déficiences
Il se pense brillant en reflétant leur science

La conscience n’est qu’une lune passagère
Aux feux d’un autre astre, elle sert de messagère

Sous elle, notre cerveau, toujours terre-à-terre
Organise sa vie comme on gère une serre
Une mécanique en chair toute génétique
Se fait des idées dans sa sphère hermétique

Le système et tous ses atomes frénétiques
Ensemble, ils périssent sans le soleil statique
Sa lumière est l’âme dont dépend leur viatique

Pour saisir l’erreur dans laquelle ils s’entêtent
Ouvrons grands nos yeux pour voir se lever en tête
Notre soleil qui n’a jamais quitté sa place
Toute psychanalyse, comme ça, déplace
Sans science, l’âme de notre univers en place

.

Jusqu’à nous persuader que ce qu’on observe
Est plus précis que ce que la foi nous réserve

Son habileté consiste à dénaturer
Un équilibre divin si bien mesuré
Il y a un point faible à toute identité
Sans parler rien ne touche à sa fragilité

On sait que les pensées naissent par le cerveau
Bien que sans la conscience, il ne soit qu’un veau
La conscience est-elle créée là ou insufflée
Incapable d’y penser, la voilà giflée
Gênée, la science sonne l’heure du concile
En apparats, elle adopte le plus docile
En ignorant l’autre argument le moins facile

Depuis lors, on a tout bâti sur un seul pied
Et quand on veut creuser pour penser comme il sied

Tout, sur vous, menace de s’écrouler en vrac
En insistant tout de même, en effet tout craque

Maintenant vous voilà au centre d’un chaos
En un mot, la raison veut vous dire ciao
Tout en l’agrippant, vous lui faites un abri
Toujours en l’agrippant, vous scrutez les débris
Rapidement vous retrouvez le vieux bon sens
Enlacé à l’âme qui bronze son essence

Sur le champ de ruine, rapplique la folie
Un face-à-face cruel, nous rend plus poli
Réclamant ma ruine, on joue au monopoli

Les dès sont jetés, on ne peut plus reculer
Implorant l’Invisible, on subit l’acculée
Sous nos yeux, la folie grappille du terrain
Tout cash nous tombe des mains jusqu’aux souterrains
Et même ma mémoire lâcha ses vérins

N’ayant même plus nos yeux pour pleurer, aveugle
On tâtonne dans le noir en rêvant de Google
Inutile d’insister, c’est la fin du monde
Résigné comme un bleu faisant son tour de ronde
Emmuré dans mon trou, seul mon calvaire gronde

Sous un silence noir, j’entends seul soupirer
Un désespoir cru qui sans jamais respirer
Retire un gras de vie que j’ai pu inspirer

Maintenant tout est prêt pour annoncer le diable
On sent de partout des frissons tout à fait fiables
Nos purs démons ressurgissent sans être niables

Miroitant sous nos yeux le délire à venir
Avec en images le futur à frémir
Imaginant le pire, on voit entrer son maître
Le voilà, chez nous, tout puissant comme un traître

Ayant, avec l’homme, depuis des millénaires
Fait commerce du mal en dignes partenaires
Il sait de ma nature toutes les entrailles
N’ayant qu’à me pousser et j’entre à son sérail

Devant-moi, il découvre une foi de taille

Alors il recule face à ma résistance
Voulant mieux la sonder devant son assistance
On lui passe une arme d’une autre consistance
Inventée pour sonder de l’esprit les murailles
Rapidement, avant tous, il en voit la faille

Pour que tous profitent de son opération
Le voilà qui s’explique pendant son action
Un plan de mon esprit apparaît sur les murs
Sur lequel se découvre toute son armure

D’abord l’Identité avant de commencer
Elle a quelques leviers permettant d’avancer

C’est cette illusion qu’il nous faut bouleverser
Laissons-le nous parler pour mieux la renverser
Ainsi je me mets à parler sans plus tarder
Racontant toute ma vie sans en rien garder
Tout en moi se vide jusqu’à ma vie privée
Enfin, il sait tout de ce qui m’est arrivé

Lorsqu’on dit tout, le monde intérieur se déforme
On touche à son identité qui se transforme
Raconter sa vie à un inconnu notoire
Se livrer tout en vrac et payer l'auditoire
Que cela fasse, d’abord, du bien, c’est un fait
Un ami suffit même s’il n’est pas parfait
Ensuite, après les mots, tout votre être est défait

Jusqu’à la raison complètement désarmée
Et le diable en profite pour mieux la charmer

Maintenant il lui applique une autre technique
En psychanalyse, on la nomme cathartique

Comme un édifice, l’esprit a sa structure
Où les pièces tiennent par des points de sutures
Nous avons le cerveau qui gère l’intendance
Nous avons la conscience qui par lui se pense
Entre ces deux-là c’est le règne du mystère
C’est là que la science a fui l’argument austère
Tout a craqué là lorsqu’il s’est mis à creuser
Enfin on retrouve ce qu’alors il faisait

Poursuivons sa démarche sans la ralentir
On retrouva plus tard notre ami en délire
Un bref rappel de l’idée qui fit le séisme
Ressaisira la lumière due à son prisme

Bouleversant là toutes les idées reçues
On revoit les bases du système aperçu
Sans avoir l’espace d’exposer cette thèse
Simplement pour dire ce que d’autres taisent
Esquissant de leur science le talon d’Achille
Rappelons l’argument qui la met sur le grill

.

Maintenant c’est digéré, adieu les couleuvres
Enfin la foi logique reprend la manoeuvre
Ressortons vite de ce bourbier pour athées
Construisons pour les croyants ce qu’ils ont raté
Il existe un système ouvert même aux athées

Dieu étant l’Absolu ; qui peut Tout concevoir ?
Et même essayer réduit Tout à rien y voir

Partant de là, quelle preuve peut contenir
L’Absolu sans s’écraser à le soutenir
Une preuve doit tenir un rien des deux mondes
Seul un Don tel que la Foi peut servir de sonde

Juste équilibre en Tout que rien ne peut comprendre
A jamais scellé jusqu’aux temps de faire entendre
Mystère limpide à la foi qui sait attendre
A jamais éclairé sans cesser de surprendre
Ix qui de rien fait Tout et de Tout en fait cendres
Source de l’infini dont Douter c’est prétendre

Unique possibilité d’Etre sans naître
Tout l’univers n’est-ce pas l’oeuvre d’un grand Maître
Il en faut plus, doit-Il aussi vous apparaître
L’imaginez-vous,là, devant vous, vous le mètre
Il vous faut un signe, attendez de disparaître
S’il veut vous croirez et s’il veut vous irez paître
Et la foi et le diable ont leur place en votre être
Reste la volonté, lequel en est le maître

La réponse est subtile mais le diable est fin
En nous cuisinant, il sert le mot de la fin

M’ayant fait parler, je sens l’arme cathartique
Ayant tout ouvert sous sa pression fatidique
Il voit de mon esprit toute la mécanique
La conscience est nue face à l’effort satanique

Devant l’assistance, il fait une trouvaille
En voyant que notre raison est notre faille

Qu’est-ce que la raison sinon l’émolument
Limpide d’une rivière d’arguments
Qu’est-ce que la raison sinon un tas de briques

Disposées pour faire un temple de la logique

Au bout de celle-ci, sous ce tas qu’elle imbrique
Une pierre à-plat, la première qui l’implique
Tout entourée d’une suite en pierres de taille
Rien ne peut la protéger, vaille que vaille
Elle est aux abois dès qu’on longe cette faille

Posée là sans raison sinon pour commencer
Où tout n’est que mouvance au plan de la pensée
Un rien fut posé pour bâtir la vanité
Rien prouvé comme un argument d’autorité

Maintenu à l’abri sans être habilité

A servir au front par manque d’habileté
Toute logique cache ainsi sa vérité
Toute logique s’effondre sous l’argument
En le sachant, la raison perd son jugement
Impossible, sous le choc, de pouvoir raisonner
Ni même, en plein mur, de s’entendre klaxonner
Devant ça, la conscience toute retournée
Regarde entrer la folie à pleines fournées
Et le diable, alors, est content de sa journée


N.B: acrostiche extrait " des derniers mots de chacun" la suite cliquez ici